Conférence à Bangkok sur les migrants de l’océan Indien

Publié le 30 mai 2015

Le 29 mai 2015, à Bangkok, une conférence réunissant 17 pays, parmi lesquels l’Australie, le Bangladesh, le Cambodge, l’Inde, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, le Myanmar, les Philippines, le Vietnam, la Thaïlande, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Sri Lanka, le Pakistan, l’Afghanistan et l’Iran, a été convoquée sur le problème de l’émigration clandestine de ressortissants du Myanmar et du Bangladesh vers la Malaisie et l’Indonésie. Les Etats-Unis, le Japon, la Suisse et l’ONU ont également envoyé des observateurs à la conférence.

L’ONU affirme qu’un grand contingent des boat people de l’océan Indien est issu de la minorité musulmane du nord de l’Etat de Rakhine, au Myanmar, et qu’on estime à 1,1 million d’individus. Le Myanmar a refusé la citoyenneté à cette minorité appelée «Rohingya», dont une grande partie a tenté de fuir le pays par le Golfe du Bengale, malgré une aide humanitaire organisée depuis 2012. Le Myanmar a affirmé pour sa part que de nombreux boat people arrivés en Malaisie et en Indonésie durant le mois de mai se faisaient passer pour «Rohingya» afin de recevoir l’aide de l’ONU.

L’océan Indien, futur foyer de déstabilisation et de confrontation ?

Le Myanmar et les 16 autres pays de la conférence de Bangkok se sont engagés à trouver des solutions locales dans les foyers d’origine des flux migratoires, afin de résoudre le problème des migrants, et montrer leur volonté d’une coopération renforcée et d’une meilleure coordination entre les pays concernés.

L’océan Indien est bordé par l’Inde, le Pakistan, l’Iran, la Birmanie, la Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie, l’Australie, l’Afrique et l’Arabie. Cet océan stratégique intéresse de nombreux pays et organisations régionales, notamment la Chine, qui souhaiterait, selon les Etats-Unis, y installer des points d’accès dans les dix prochaines années. Le Myanmar qui renferme de gros gisements de pétrole et de gaz est au centre de l’enjeu du partage des mers de la région.

L’attention occidentale pour les flux migratoires dans l’océan Indien peut sembler suspecte. Assiste-t-on à une autre forme de l’«humanitarisme politique» dont se pare la concurrence énergétique mondiale ou a-t-on plutôt tiré les leçons du Moyen-Orient?