La Russie empruntera à la BRICS Bank pour développer les chemins de fer indiens

Publié le 11 juillet 2015

Russian Railways, deuxième plus grand réseau mondial de chemins de fer, est entré en négociation avec l’Inde afin de développer son réseau dans les cinq prochaines années. L’Inde avait récemment demandé 120 milliards USD d’investissements étrangers pour rénover et développer ses chemins de fer.

Depuis 1947, le réseau ferré indien ne s’est accru que de 11000 km. Le train indien le plus rapide, le New-Delhi-Bhopal Shatabdi Express, n’a qu’une vitesse moyenne de 91 km/heure, et peut atteindre un pic de 150 km/heure. A l’opposé, le Nilgiri Express, train le plus lent, ne dépasse pas les 10 km/heure en moyenne.

La mission de la compagnie étatique russe, héritière des chemins de fer soviétiques, serait de moderniser et de construire des infrastructures pouvant permettre de pousser la vitesse des trains à 160-200 km/heure.

Le responsable de Russian Railways a affirmé mercredi que sa compagnie envisageait un financement de son action en Inde par la nouvelle banque de développement des pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), dont la capacité annuelle de prêt peut monter jusqu’à 34 milliards USD par an. La Russie pense solliciter l’aide de la banque pour divers projets internationaux, comme le Trans-Eurasian Belt Development et la « Nouvelle Route de la Soie ».

C’est suite aux sanctions américano-européennes, qui ont notamment affecté Russian Railways, et plus généralement les relations entre la Russie de l’Europe, que Moscou a pu compter sur une aide de la Chine et de la banque du BRICS pour sortir de cet isolement économique et prendre part au développement des pays asiatiques.

Les infrastructures terrestres indiennes pourraient être reliées à un vaste réseau de transport terrestre et maritime reliant l’Inde, la Russie, l’Iran, l’Europe et l’Asie centrale, appelé North-South Transport Corridor (NSTC). Celui-ci pourrait inclure le Southern Armenian Railway, projet sino-russo-arméno-iranien de transport achevant de relier les ports du Golfe Persique à ceux de la Mer Noire.

Les chemins de fer indiens attirent l’attention d’autres pays, comme le Japon, qui propose son aide pour construire une ligne à grande vitesse de transport de fret reliant Mumbai à New Delhi et pour l’équiper avec des Shinkansen, tandis que la Chine pourrait investir 50 milliards USD dans les infrastructures indiennes.