L’Indonésie lance un grand plan de protection des orangs-outans de Sumatra et de Bornéo

Publié le 7 juin 2015

Le ministère indonésien de l’Environnement et des Forêts semble prendre très au sérieux la menace d’extinction des orangs-outans dans l’île de Sumatra, mais aussi à Bornéo. En effet, leur nombre aurait diminué de 50% au cours de la dernière décennie. Ils ne seraient plus que soixante mille individus, dont une majorité dans l’île de Bornéo, la troisième plus grande île du monde partagée entre l’Indonésie, la Malaisie et le Brunei.

Le «Cœur de Bornéo» s’étend sur vingt-deux millions d’hectares de forêts et de terres, il fait vivre onze millions d’habitants, et représente 6% de la biodiversité mondiale. Le Plan National de Développement à Moyen Terme de 2015-2019, consacré à la réduction de la pauvreté et au développement de l’agriculture indonésienne, inclut la protection de vingt-cinq espèces menacées d’extinction, dont les orangs-outans. Le plan vise l’objectif d’une augmentation de 10% de leur nombre. Leur habitat naturel et les conditions de leur reproduction devraient faire l’objet de recherches poussées.

C’est le docteur Biruté Marija Galdikas qui a sensibilisé l’opinion à la cause des orangs-outans, comme Jane Goodall le fit pour les chimpanzés et Dian Fossey pour les gorilles des montagnes. Les trois femmes obtinrent des fonds grâce au docteur Leakey, qui donna plus tard son nom au Camp Leakey de Bornéo, un centre de conservation et de recherche des orangs-outans situé à l’intérieur du parc national Tanjung Puting.

D’après ce centre, l’orang-outan se reproduit lentement, les mères ayant une naissance tous les six à dix ans. Au terme d’une vie, l’orang-outan n’a que deux à trois descendants. Leurs forêts, essentielles à leur subsistance, se réduisent au profit des scieries, des plantations d’huile de palme et des terres agricoles. En raison de la destruction de leur habitat, des incendies de forêt, du trafic illégal et du braconnage à Bornéo et au nord de Sumatra, les orangs-outans pourraient complètement disparaître d’ici une vingtaine d’années à l’exception des spécimens des réserves !

Le plan gouvernemental sera-t-il suffisant pour enrayer l’extinction ? En dépit des mesures prises, la protection des orangs-outans et des autres espèces menacées semble entravée par l’installation progressive des compagnies dans les forêts.